Dans le Coran, les noms de Dieu ne sont pas de simples étiquettes théologiques.
Ils portent une histoire, une fonction sociale et une épaisseur linguistique souvent méconnues.
Ces deux vidéos proposent une analyse croisée de deux noms centraux :
Ar-Rahman et Allah.
🔹 Ar-Rahman
Souvent traduit par « le Clément » ou « le Miséricordieux », Ar-Rahman apparaît pourtant dans le Coran comme un nom divin à part entière, notamment dans les sourates mecquoises.
En revenant à la racine R-H-M, liée à la matrice, à la parenté et à la bienveillance dans la société tribale, on comprend que la miséricorde n’est pas ici une abstraction morale, mais un lien vital, comparable à celui qui unit des parents à leurs enfants.
L’analyse historique montre également que Rahman était déjà attesté dans le sud de l’Arabie préislamique (inscriptions du Yémen), utilisé par des communautés juives et chrétiennes pour désigner le Créateur des cieux et de la terre.
Progressivement, ce nom divin régresse dans le Coran vers un rôle de qualificatif, intégré à la formule devenue canonique.
🔹 Allah
Présent plus de 2 500 fois dans le Coran, Allah est un nom propre, mais il n’est pas sans racine.
Il dérive du nom commun ilāh (divinité), précédé de l’article défini, pour désigner le Dieu unique, sans associé (sharīk), sans progéniture et sans médiateur imposé.
Dans une société tribale dépourvue d’État, Allah assume des fonctions sociales fondamentales : protection, assistance, médiation, justice ultime.
Le Coran insiste sur le fait qu’aucune médiation n’est valable auprès de Dieu, sauf celle qu’Il autorise Lui-même. Cette affirmation marque une rupture nette avec les systèmes polythéistes et leurs réseaux d’intercesseurs.
L’étude linguistique montre enfin que la racine ʾ-L est commune à l’ensemble des langues sémitiques :
hébreu (Elohim), araméen (El), et jusque dans des noms propres comme Ismaël (« Dieu a entendu ») ou Gabriel (« Dieu est ma force »).
00:00 — Pourquoi les noms de Dieu comptent
00:45 — Ar-Rahman : un nom divin oublié
02:00 — Racine R-H-M : matrice, parenté, bienveillance
03:30 — Rahman avant et pendant le Coran
05:00 — De nom propre à qualificatif
06:10 — Allah : un nom propre issu de ilāh
07:40 — Unicité, protection et médiation
09:20 — Allah dans les langues sémitiques
10:30 — Conclusion : les mots changent avec l’histoire
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#Allah #ArRahman #Coran #Islam #Philologie #HistoireReligieuse #NomsDivins
Ils portent une histoire, une fonction sociale et une épaisseur linguistique souvent méconnues.
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Ar-Rahman et Allah.
🔹 Ar-Rahman
Souvent traduit par « le Clément » ou « le Miséricordieux », Ar-Rahman apparaît pourtant dans le Coran comme un nom divin à part entière, notamment dans les sourates mecquoises.
En revenant à la racine R-H-M, liée à la matrice, à la parenté et à la bienveillance dans la société tribale, on comprend que la miséricorde n’est pas ici une abstraction morale, mais un lien vital, comparable à celui qui unit des parents à leurs enfants.
L’analyse historique montre également que Rahman était déjà attesté dans le sud de l’Arabie préislamique (inscriptions du Yémen), utilisé par des communautés juives et chrétiennes pour désigner le Créateur des cieux et de la terre.
Progressivement, ce nom divin régresse dans le Coran vers un rôle de qualificatif, intégré à la formule devenue canonique.
🔹 Allah
Présent plus de 2 500 fois dans le Coran, Allah est un nom propre, mais il n’est pas sans racine.
Il dérive du nom commun ilāh (divinité), précédé de l’article défini, pour désigner le Dieu unique, sans associé (sharīk), sans progéniture et sans médiateur imposé.
Dans une société tribale dépourvue d’État, Allah assume des fonctions sociales fondamentales : protection, assistance, médiation, justice ultime.
Le Coran insiste sur le fait qu’aucune médiation n’est valable auprès de Dieu, sauf celle qu’Il autorise Lui-même. Cette affirmation marque une rupture nette avec les systèmes polythéistes et leurs réseaux d’intercesseurs.
L’étude linguistique montre enfin que la racine ʾ-L est commune à l’ensemble des langues sémitiques :
hébreu (Elohim), araméen (El), et jusque dans des noms propres comme Ismaël (« Dieu a entendu ») ou Gabriel (« Dieu est ma force »).
00:00 — Pourquoi les noms de Dieu comptent
00:45 — Ar-Rahman : un nom divin oublié
02:00 — Racine R-H-M : matrice, parenté, bienveillance
03:30 — Rahman avant et pendant le Coran
05:00 — De nom propre à qualificatif
06:10 — Allah : un nom propre issu de ilāh
07:40 — Unicité, protection et médiation
09:20 — Allah dans les langues sémitiques
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