En application des instructions du roi Mohammed VI, en sa qualité d’Amir Al-Mouminine, la Fondation Mohammed VI des Ouléma Africains doit superviser vendredi l’ouverture officielle de la Mosquée Mohammed VI à N’Djamena, en coordination avec les autorités tchadiennes et la section locale de la Fondation. Cette cérémonie est annoncée comme un moment institutionnel réunissant des représentants officiels, des acteurs religieux et des personnalités scientifiques des deux pays, dans une configuration qui traduit la volonté marocaine de structurer son action religieuse sur le continent africain. Le premier prêche du vendredi doit être assuré par un représentant du Conseil supérieur des oulémas, ce qui confère à l’événement une dimension à la fois doctrinale et institutionnelle, largement inscrite dans le cadre du référentiel religieux marocain.
L’édifice est présenté comme un équipement religieux de grande capacité, pouvant accueillir plus de trois mille fidèles, ce qui en fait un lieu de rassemblement majeur pour la communauté musulmane de N’Djamena. La mosquée s’étend sur une superficie de 33.000 mètres carrés, ce qui permet d’intégrer un ensemble fonctionnel plus vaste qu’un simple lieu de prière et de lui attribuer le statut d’infrastructure structurante pour la capitale tchadienne. Cette ampleur architecturale et opérationnelle sert un objectif explicite : faire de cette mosquée un pôle religieux et culturel marocain à l’étranger, appelé à rayonner au-delà du strict cadre cultuel.
Le projet s’inscrit dans une stratégie affichée de promotion des constantes religieuses communes entre le Maroc et plusieurs pays africains, en particulier au sein de l’Afrique subsaharienne. Les initiateurs mettent en avant une doctrine de juste milieu et de modération, articulée autour de la diffusion de valeurs de coexistence et de dialogue, qui doit trouver dans cette mosquée un vecteur structuré de diffusion et de formation. Dans ce contexte, l’ouverture de l’édifice est présentée comme un prolongement de la politique marocaine de coopération religieuse, déjà matérialisée par des partenariats de formation d’imams, de morchidines et de morchidates, et par l’action de la Fondation des Ouléma Africains.
Au-delà de la salle de prière, la mosquée intègre un complexe culturel conçu comme un espace de production et de circulation du savoir religieux et scientifique. Ce complexe comprend une salle de conférences destinée à accueillir des rencontres, des séminaires ou des colloques, une bibliothèque scientifique censée soutenir la recherche et la consultation, ainsi que des salles de réunion et des bureaux administratifs pour l’encadrement des activités. L’ensemble est pensé comme un outil de structuration du champ religieux local, avec un encadrement institutionnel marocain assumé à travers la Fondation et ses relais tchadiens.
Les autorités marocaines présentent ce projet comme une illustration de la sollicitude royale envers le champ religieux en Afrique, en particulier dans les pays avec lesquels le Royaume entretient des liens historiques. Dans le cas du Tchad, la mosquée et son complexe culturel viennent s’ajouter à un ensemble de coopérations bilatérales, notamment en matière de formation religieuse et de consolidation des affinités spirituelles. L’initiative vise aussi, selon cette approche, à renforcer les liens scientifiques et fraternels entre les deux États, en misant sur un socle religieux commun pour structurer des échanges plus larges, tant au niveau institutionnel que sociétal.
Pour N’Djamena, la mise en service de cette mosquée crée un nouveau lieu de référence pour les pratiquants, mais également un espace de rencontres et de formation susceptible d’accueillir des activités dépassant le strict cadre de la prière collective. À terme, le complexe pourrait servir de plateforme pour des programmes de formation, de conférences religieuses ou académiques et de diffusion de contenus autour des valeurs mises en avant par ses concepteurs, notamment la paix, la tolérance et le dialogue. Cette ouverture marque ainsi une nouvelle étape dans la présence institutionnelle marocaine dans le paysage religieux tchadien, avec une infrastructure appelée à jouer un rôle durable dans l’encadrement et la structuration du culte musulman dans la capitale.